Produits structurés

Un rendement défini à l'avance, une protection calibrée, une durée maîtrisée. L'antithèse d'un placement au hasard.

Le produit structuré est l’outil qui permet de sortir de la logique binaire « sécurité ou performance ». Il définit contractuellement, avant même l’investissement, les conditions dans lesquelles vous récupérez votre capital et dans lesquelles vous percevez un rendement. Ce n’est pas un pari sur les marchés, c’est un contrat avec des scénarios connus à l’avance.

Chez Leoma Patrimoine, les produits structurés constituent un axe fort de notre offre. Nous les construisons sur mesure ou les sélectionnons parmi les meilleures formules disponibles, pour répondre à des besoins précis : générer du rendement dans un contexte de taux normalisé, sécuriser une partie d’un portefeuille, placer la trésorerie excédentaire d’une entreprise ou préparer des revenus réguliers à l’approche de la retraite.

Comprendre la mécanique de base

Un produit structuré combine deux composantes complémentaires, assemblées par un émetteur bancaire dans un titre unique :

La composante obligataire

Une fraction du capital investi est placée dans une obligation zéro coupon ou un dépôt sécurisé, dont la valeur future est calculée pour reconstituer, à l’échéance, le capital garanti ou protégé promis. C’est le « moteur de protection ». Plus la garantie est élevée (100 % du capital protégé), plus cette fraction est importante et moins il reste de capital disponible pour le moteur de performance.

La composante optionnelle

Le solde est investi dans des options financières portant sur un sous-jacent défini : un indice boursier (CAC 40, Euro Stoxx 50, S&P 500), un panier d’actions, un taux d’intérêt, une matière première, etc. Ces options conditionnent le rendement potentiel : si le sous-jacent se comporte favorablement selon les critères définis dans le contrat, le produit verse un coupon ou une plus-value. Sinon, seule la protection du capital joue.

En résumé : vous investissez 100. La composante obligataire garantit de retrouver 90 à l’échéance quelle que soit l’évolution des marchés. Les 10 restants sont investis dans des options qui, si les marchés se comportent favorablement, génèrent un gain de 30, 40 ou 50. Votre gain total potentiel est donc de 30-50 %, votre perte maximale est limitée à 10 — et vous le savez dès le départ.

Les grandes familles de produits structurés

Les autocalls (rappel automatique)

Ce sont les produits structurés les plus répandus en gestion de patrimoine. Leur principe : à chaque date d’observation (établie à l’avance), si le sous-jacent est au-dessus d’un niveau défini, le produit est automatiquement remboursé, avec le capital initial et un coupon. Si le sous-jacent est en dessous de ce niveau, la vie du produit se prolonge jusqu’à l’observation suivante.

L’autocall peut vivre de un an (si le sous-jacent est immédiatement favorable) à cinq, sept, ou dix ans (si les marchés restent sous la barrière de rappel pendant plusieurs années). À l’échéance finale, le remboursement dépend de la position du sous-jacent par rapport à une barrière de protection du capital, définie contractuellement à la souscription.

Exemple type : Autocall sur Euro Stoxx 50 — rappel automatique si l’indice est au-dessus de son niveau initial lors d’une observation annuelle, avec un coupon de 7 % par année écoulée. Protection du capital à l’échéance si l’indice ne perd pas plus de 40 % par rapport à son niveau initial. Durée maximale : 8 ans.

Ce type de produit est adapté aux investisseurs qui acceptent de mobiliser du capital sur un horizon variable et qui cherchent un rendement supérieur aux placements sans risque tout en limitant leur exposition aux fortes baisses de marchés.

Les Phoenix

Le Phoenix est une variante de l’autocall avec un mécanisme de coupon conditionnel : le coupon est versé à chaque date d’observation si le sous-jacent est au-dessus d’une barrière de coupon, distincte et généralement plus basse que la barrière de rappel. Si le sous-jacent passe sous la barrière de coupon mais pas sous la barrière de capital, aucun coupon n’est versé cette période mais il est mémorisé et sera versé lors de la prochaine observation favorable (effet mémoire).

Le Phoenix offre une meilleure résistance aux phases de marchés latéraux ou légèrement baissiers, au prix d’une structure légèrement plus complexe. Il est particulièrement adapté à la recherche de revenus réguliers, dans une optique de retraite ou de génération de flux.

Les produits à capital garanti

Ces structures garantissent contractuellement le remboursement de 100 % du capital investi à l’échéance, quelle que soit l’évolution du sous-jacent. En contrepartie, le potentiel de gain est plafonné ou conditionnel. Ils s’adressent aux investisseurs dont la priorité absolue est la protection du capital, typiquement pour la trésorerie d’entreprise ou les profils très prudents.

La garantie est celle de l’émetteur bancaire, d’où l’importance du choix de l’émetteur et de la diversification des contreparties pour les montants significatifs.

Les produits à capital protégé

Plus courants que la garantie totale, ces produits offrent une protection partielle du capital (typiquement 90 % ou 80 %) libérant davantage de potentiel de rendement. La protection s’applique selon des conditions précises définies au prospectus (niveau de barrière, observation en cours de vie ou seulement à l’échéance, modalités de calcul). Leur lecture exige une attention particulière aux termes exacts du contrat.

Les produits à rendement fixe (obligations structurées)

Ces structures offrent un coupon fixe garanti pendant toute la durée du produit, assorti d’un remboursement du capital à l’échéance sous condition. Elles ressemblent à des obligations mais avec une mécanique conditionnelle sur le remboursement final. Elles conviennent aux investisseurs qui privilégient la visibilité sur les flux à un potentiel de gain variable.

Les sous-jacents : ce sur quoi porte le contrat

Le sous-jacent est l’actif de référence dont dépend le comportement du produit. Son choix est déterminant : il conditionne la probabilité d’activation des différents scénarios et le profil de risque effectif du produit.

Les sous-jacents les plus couramment utilisés :

  • Indices actions larges : Euro Stoxx 50, CAC 40, S&P 500 (liquidité et historique long terme)
  • Paniers d’actions thématiques : sectoriels, ESG, dividendes (exposition ciblée avec mécanique worst-of)
  • Taux d’intérêt : CMS 10 ans, Euribor (produits de taux à mécanique conditionnelle)
  • Indices immobiliers ou multi-actifs (diversification dans le sous-jacent lui-même)

Les produits sur paniers « worst-of », dont le comportement dépend de l’action la moins performante du panier, offrent des rendements potentiels plus élevés, mais présentent un profil de risque plus complexe qui nécessite une analyse spécifique. Nous les réservons aux clients avertis et correctement profilés MiFID II.

Les enveloppes de détention compatibles

Un produit structuré peut être logé dans plusieurs enveloppes, ce qui influence sa fiscalité et sa liquidité :

  • Assurance-vie (française ou luxembourgeoise) : c’est la combinaison la plus fréquente dans nos préconisations. La fiscalité de l’enveloppe s’applique : les gains sont capitalisés sans imposition annuelle, et la fiscalité de sortie est allégée après huit ans. → Voir notre page Assurance-vie France & Luxembourg
  • Contrat de capitalisation, pour les personnes morales ou dans une logique de transmission. Même avantage fiscal que l’AV, avec le traitement IS spécifique pour les sociétés. → Voir notre page Contrat de Capitalisation
  • Compte-titres ordinaire (CTO) pour les investisseurs souhaitant une détention en direct, avec la souplesse de la revente avant l’échéance. La fiscalité PFU (30 %) s’applique sur les gains. → Voir notre page CTO

Ce que garantit contractuellement un produit structuré — et ce qu’il ne garantit pas

La transparence sur ce point est essentielle à une préconisation responsable.

Ce qui est contractuellement défini à l’avance

  • Le niveau de protection ou de garantie du capital (exprimé en % du capital investi nominal)
  • Le coupon ou le rendement potentiel et les conditions précises de son versement
  • La durée maximale du produit et les dates d’observation
  • Le sous-jacent de référence et les niveaux de barrière

Ce qui ne l’est pas

  • La durée effective : un autocall peut s’arrêter à un an comme à huit ans selon les marchés
  • La liquidité avant l’échéance : la revente est possible mais au prix de marché, qui peut être inférieur au nominal
  • Le risque de contrepartie : en cas de défaillance de l’émetteur bancaire, la garantie tombe. Ce risque est faible mais non nul pour les émetteurs investment grade.

Note réglementaire : les produits structurés sont des instruments financiers complexes soumis au règlement PRIIPs. Tout investissement est précédé de la remise d’un Document d’Information Clé (DIC) standardisé et d’une vérification de l’adéquation au profil investisseur MiFID II du client.

Notre processus de sélection et de construction

Notre indépendance nous permet d’accéder aux formules de l’ensemble des émetteurs bancaires actifs sur le marché français et européen, sans contrainte de référencement exclusif. Cette liberté est décisive : les paramètres d’un produit structuré (niveau de barrière, coupon, sous-jacent, émetteur) varient significativement d’un établissement à l’autre pour un profil de risque identique.

Pour chaque client et chaque situation, nous analysons :

  • La cohérence du sous-jacent avec le profil de risque et les convictions de marché
  • La solidité financière de l’émetteur (notation, CDS, exposition bilancielle)
  • Les probabilités statistiques d’activation des différents scénarios selon les données historiques
  • La pertinence de l’enveloppe de détention au regard de la situation fiscale
  • L’articulation avec les autres positions du portefeuille, pour éviter la concentration sur un même sous-jacent ou une même contrepartie

Pour les montants significatifs, nous pouvons construire des produits sur mesure en collaboration directe avec les desks de structuration des banques partenaires ce qui permet d’adapter précisément les paramètres (barrières, coupons, dates d’observation) à la situation et aux objectifs du client.

Pour qui, dans quelles situations

Les produits structurés ne sont pas universels. Leur pertinence dépend du profil et du contexte d’investissement. Nous les recommandons typiquement dans les situations suivantes :

  • Investisseur qui cherche un rendement supérieur aux fonds euros, avec une visibilité sur les conditions de performance et une protection partielle du capital
  • Trésorerie d’entreprise à placer sur un horizon moyen terme, avec une contrainte de protection minimum du capital
  • Portefeuille dont on souhaite augmenter la résilience face à des marchés volatils ou latéraux
  • Approche de la retraite : constitution de revenus réguliers avec un produit de type Phoenix à coupon conditionnel
  • Réemploi d’un produit de cession d’entreprise : diversifier rapidement un capital important avec des paramètres de risque maîtrisés

Nous les déconseillons pour les investisseurs dont l’horizon est incertain, qui ont besoin d’une liquidité immédiate garantie ou dont la situation ne justifie pas la complexité de lecture du document d’information réglementaire.

Notre approche

Les produits structurés sont au cœur de notre pratique depuis les origines du cabinet. Nous avons développé une expertise technique sur la lecture des prospectus, l’analyse des probabilités de scénario et la comparaison multi-émetteurs qui nous permet d’identifier, parmi des centaines de formules disponibles sur le marché, celles qui présentent réellement le meilleur rapport rendement/risque pour chaque profil.

Cette expertise se double d’une exigence pédagogique : nous ne recommandons jamais un produit structuré sans en expliquer précisément les mécanismes, les scénarios favorables et défavorables et les limites. Un client qui comprend ce dans quoi il investit est un client qui investit bien.